Les 10 étapes de la réalisation d’un timbre (volet 1)

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Timbre "Journée du timbre 1966", dessiné et gravé par Pierre Béquet.

Une cinquantaine de timbres en moyenne voit le jour chaque année.

Après le choix officiel des émissions, viennent les étapes de réalisation - au nombre de dix - qui se succèdent jusqu’à ce que le timbre soit collé sur une enveloppe ou glissé dans un album…

Revue de détail de chacune d’elles, illustrée sans retenue par le dessinateur Antoine Chereau.

 

Etape 1 : Les demandes

Les demandes d’émission de timbre sont chaque année nombreuses (près de 1 000 recensées en 2016). Elles émanent de sources très diverses : associations, élus, représentants officiels d’institutions, de syndicats d’initiative, artistes, familles d’artiste, particuliers…

Les thèmes proposés sont aussi variés : célébrer un personnage, commémorer un événement, marquer un anniversaire, valoriser un savoir-faire, une région, une culture…

Ces demandes sont par principe adressées au ministre de tutelle de La Poste (ministre de l'Économie et des Finances), elles sont ensuite transmises au PDG de La Poste.

C’est Phil@poste, direction à compétence nationale rattachée à la branche Services-Courrier-Colis de l’entreprise publique, qui a en charge l’organisation de la sélection des timbres ainsi que leur conception, fabrication et diffusion.

 

Etape 2 : Recevables ou non ?

Toutes les demandes d’émission de timbre ne sont pas examinées par la commission des programmes philatéliques, dont la mission est de proposer deux fois par an la liste des timbres du programme philatélique français.

Pour être prises en compte, les propositions doivent respecter plusieurs critères : universalité du thème ou du personnage évoqué, lien avec la France, pas de personnalité vivante (il existe quelques exceptions liées à l’histoire - Napoléon III, Philippe Pétain - ou à des choix du public - Jean-Claude Killy, Carl Lewis, Simone Signoret… ), pas de dimension commerciale…

 

Etape 3 : Le choix officiel

C’est la commission des programmes philatéliques qui propose - deux ans à l’avance - les futures émissions parmi les demandes retenues. Elle est composée d’une vingtaine de membres : postiers, collectionneurs, négociants en timbres, responsables d’instances et d’associations philatéliques, personnalités du ministère de la Culture, de la société civile…

Chaque année à deux reprises, en juin et décembre, un arrêté ministériel de l’autorité de tutelle de La Poste (le ministère de l’Économie et des Finances) entérine les propositions de la commission. En moyenne, une cinquantaine de timbres est émise tous les ans.

 

Etape 4 : Illustration, technique d’impression…

Maquette du timbre : création originale, dessin, tableau, détail de tableau, mise en page… ? Technique d’impression : taille-douce, héliogravure, offset, numérique ou mixte… ?

En fonction du thème, les équipes de Phil@ poste décident des types d’illustration et d’impression. Pour reproduire un portrait ou un château « Renaissance », la finesse de la gravure en taille-douce sera souvent privilégiée. Et pour obtenir un rendu de couleurs plus vif, l’option de l’héliogravure sera retenue…

Via son service de veille technologique, Phil@poste peut aussi choisir l’innovation. Comme récemment avec les timbres lenticulaires, en « braille », avec hologramme, odeur de gazon, goût de chocolat…

 

Etape 5 : Quel artiste ?

Pour les timbres en taille-douce, Phil@poste travaille avec une douzaine de graveurs (deux font partie des effectifs de l’imprimerie du groupe La Poste, les autres sont des artistes indépendants).

Le choix s’établit en fonction de l’expérience de chacun, des qualités qu’ils ont démontrées pour réaliser des portraits, des paysages, des bâtiments architecturaux… et des plannings de réalisation.

Lorsqu’un artiste est sollicité (parfois suite à un concours) pour concevoir un dessin ou une mise en page, il propose plusieurs épreuves. Le choix final revient à Phil@poste, qui peut occasionnellement demander des modifications (par exemple l’ajout d’un élément apportant une précision historique).

Autre cas de figure, les œuvres d’art existantes reproduites sur les timbres. Les auteurs - en particulier ceux qui bénéficient de la plus grande notoriété - comme les ayants droit peuvent donner leur avis sur le traitement de l’œuvre retenue, et notamment son impression.

(A suivre).

 Rodolphe Pays